Sonorités

Gogo Pesto, un EP sauce anglaise

Le duo nantais Gogo Pesto publie un EP de cinq titres où guitares saturées et séquences électroniques s’affrontent avec énergie. Un mélange brut, inventif et irrésistible. 

C’était en novembre 2024. J’étais venu voir Lame au Point Bar à Nantes, et j’arrive pour les dernières minutes d’un duo qui assure la première partie. J’ai à peine le temps de capter leur dernier morceau et de me renseigner sur le nom du groupe. 

C’est Etienne lui-même, le chanteur de Lame, qui me glisse les infos à l’oreille. On trouve pire comme conseiller. Ils s’appellent Gogo Pesto, ils viennent tout juste de se former. Ils proviennent du groupe Hacienda. 

Post punk pasta

La formule est simple, basique : une basse, une guitare, les deux musiciens assurent les voix et le reste est diffusé en séquence par computer. C’est un affrontement cordes/machines, propice à la créativité. On devrait un jour refaire l’histoire de ce concept : elle serait passionnante.

Quatre titres circulent déjà sur les plateformes. Le duo y cherche encore sa forme, expérimente, teste les équilibres. Les pistes confirment leur goût pour les séquences faussement guillerettes agressées par la saturation des cordes, y compris vocales. Le morceau “The Murderer”  nous ramène du côté de Madchester, à mi-chemin entre carpettes inspirantes et lundis joyeux. Ou peut-être un peu plus au nord, vers le cri primal…

Après la mèche

Un an plus tard, Gogo Pesto revient avec un cinq titres simplement baptisé EP, à quoi bon chercher un titre quand la musique se suffit à elle-même. On y retrouve “Monday hate” déjà publié en juillet et “Solutions” paru en septembre. Le premier invite à la danse avec son gimmick électro à la Moroder sur lequel repose guitares et voix. Le second exprime plus de colère : tempo plus lent, guitares plus tranchantes, chant hurlé. 

Les trois autres morceaux ont aussi leur caractère. Oscillant entre pop jubilatoire et passages sombres, ils sont portés par une voix lancinante qui répète ses gimmicks jusqu’à l’envi. Le son est rocailleux, jamais vraiment propre. Les morceaux peuvent s’arrêter en cours de route, puis reprendre avec une énergie surmultipliée. 

Ces cinq titres donnent de Gogo Pesto leur identité musicale propre, faite de bidouilles électroniques et de ripostes plus agressives. Un esprit punk-rock où le DIY est érigé en méthode. Avec cet EP, le duo impose son rythme, ses surprises et ses idées. On en sort comme d’une conversation passionnée avec des inconnus : intrigué, stimulé, et impatient d’entendre la suite.

  • Les cinq titres d’EP sont en écoute sur Bandcamp. Vous pouvez également acheter les pistes MP3 à prix libre.