Sonorités

Laurent Charliot Caprices de rockstars

Recueil publié le 30 avril 2026 chez Iéna Éditions. Préface de Ben Barbaud.

Le mot Star que l’on applique aux vedettes du cinéma, de la musique, variété comme rock, et aujourd’hui du sport, entretient une notion de célébrité empreinte d’inaccessibilité qui favorise l’idolâtrie. Certaines stars fortes de ce statut ne touchent dès lors plus terre. 

A chaque star son caprice

Sans doute à force d’être flattées de toutes parts, elles deviennent convaincues d’être des personnes touchées par la grâce. A la manière d’un enfant qui teste les limites imposées par les parents, les stars aiment mesurer jusqu’à quel point leur statut autorise des choses interdites par ailleurs au commun des mortels. Elles poussent alors leurs exigences jusqu’à devenir de purs caprices. 

Le rock bien entendu n’y échappe pas. Les stars de la discipline sont même particulièrement exposées à l’hypertrophie de l’ego du fait de leur jeunesse et d’un succès qui leur tombe sur les épaules bien avant leur maturité. Les rockers deviennent des stars et à ce titre peuvent exprimer leurs caprices, d’autant que ceux-ci font les délices de la presse à scandale. 

Laurent Charliot, grand spécialiste du rock et de son histoire, avait déjà exprimé quelques caprices de nos idoles rock’n’rolliennes dans sa trilogie Rock Stories. Il a choisi d’y revenir et d’en faire un sujet central dans un ouvrage spécifique. 

Dans le secret des loges

Lorsqu’ils préparent un concert ou qu’il sont en tournée, les artistes et leur staff envoient préalablement aux organisateurs un rider, une sorte de cahier des charges composé de deux parties, l’une sur les aspects purement techniques du concert (sonorisation, etc.) et l’autre sur les conditions d’accueil des artistes afin d’assurer leur bien-être.

C’est dans cette deuxième partie que l’on peut trouver les exigences les plus folles. Laurent Charliot s’est approché d’organisateurs de concerts et de festival pour recueillir des témoignages ou des copies de ces fameux riders. Il a sélectionné cent artistes, de rock mais également de pop et de variétés, puisqu’il s’agit du même métier. 

On découvre alors quelques exigences qui vont de l’escorte policière à la voiture de luxe pour parcourir les quelques mètres qui sépare la loge de la scène en passant par un bus transformé en salle de gym, mais aussi des chambres d’hôtel entièrement redécorées, avec des lunettes de wc complètement neuves, la présence d’un étang rempli de poissons spécifiques, une loge sur mesure, avec jacuzzi, ou entièrement peinte en noir, sans oublier dans lesdites loges la mise à disposition de plantes vertes, de cigarettes, de bouteilles mais aussi d’un journal du jour, de notices techniques pour chaque objet présent, de chaussettes, d’un pistolet, d’un mannequin au poils roses…

Caprices, c’est fini ?

L’auteur s’amuse plus de ces caprices qu’il ne s’en délecte. Il précise que toutes les demandes n’aboutissent pas forcément, notamment celles où sont exigées la mise à disposition de substances spécifiques ou de jeunes filles. Il évoque également les artistes qui refusent de céder à la mégalomanie en n’exigeant rien d’autre que quelques bières dans le frigo. 

L’ouvrage revient également sur ce qui est devenu le caprice le plus fameux de l’histoire du rock, ces fameux bols de M&Ms où devaient être retirés les bonbons d’une couleur spécifique. Laurent Charliot dévoile le secret de cette exigence en donnant une explication tout à fait rationnelle et pleine de sens.

La préface de Benjamin Barbaud, créateur et patron du Hellfest, un des plus grands festivals de rock organisés en France, atténue lui-même le mythe en rappelant que son festival a accueilli de grandes stars et qu’il n’a jamais été confronté à des exigences hors normes. Il faut dire que notre époque est plus réticente à accepter l’inacceptable. 

  • “100 caprices de rock et pop star” de Laurent Charliot (2026, Iena éditions). 198 pages. 150x210mm. Prix:22,00€. Disponible dans toutes les bonnes librairies.

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