Sonorités

Teacher Jekyll réveille le punk

Publié sur toutes les plateformes à partir du 21 novembre 2025, le nouvel album de Teacher Jekyll détonne en réveillant le punk qui sommeille en chacun de nous.

Cela fait quelques années que nous suivons Teacher Jekyll partout où le groupe se produit, sous différentes formes, à Nantes ou ailleurs. Leurs concerts, tout en mélodies légères et rythmes tropicaux, sont un shoot de bonne humeur qui nous fait oublier les soucis du quotidien.

Métissage engagé

On aurait tort de penser, pour autant, que derrière cette apparente légèreté, Teacher Jekyll se complaise dans un hédonisme confortable, méprisant les tragédies de ce bas-monde. Bien au contraire : derrière les sourires pointe une sincère inquiétude pour une époque gangrenée par la haine et l’obscurantisme.

Avec Wake Up the Punk, le groupe nantais a voulu négocier un virage fermement engagé. L’album s’inscrit dans l’héritage du mouvement Rock Against Racism, né dans l’Angleterre de la fin des années 1970 pour dénoncer les dérives racistes et faire de la musique un rempart contre l’intolérance.

Les compositions de Teacher Jekyll ont toujours célébré le métissage en harmonisant des sonorités issues de multiples horizons. Mais Wake Up the Punk marque un tournant plus engagé, plus politique, bousculant l’indolence tropicale avec des rythmes reggae dans ce qu’ils ont de plus revendicatif.

Esthétique punk et reprises audacieuses

Le visuel – on aurait encore dit pochette il y a peu – s’inspire pleinement de l’esthétique punk, avec son titre composé en ransom-note style, ce collage typographique popularisé par les Sex Pistols sur leur premier album. Les couleurs jaune et vert (amis footeux, n’y voyez aucune référence nantaise !) évoquent quant à elles le soleil et la nature, renvoyant aux contrées où le groupe puise son inspiration.

Douze plages composent cette livraison, dont plusieurs morceaux instrumentaux ainsi que deux reprises assez inattendues. La première est le titre déjà clipé Salut à toi (Bérurier Noir), hymne ô combien rassembleur d’une jeunesse qui n’avait pas peur de crier qui elle emmerdait. Le morceau est revisité en reggae sans rien perdre de sa vigueur. La deuxième reprise est d’autant plus inattendue qu’il faut chercher l’original dans les toutes premières productions d’un groupe devenu énorme depuis : Grinding Halt de The Cure (« No light, no people« ), quasiment transformé en ska.

Ces deux morceaux revisités ne doivent pas occulter le reste de l’album qui, comme les précédents, fourmille de mélodies entêtantes, de trouvailles sonores et de voix par où passe le soleil. Fidèle à son mode de fonctionnement, l’ossature originelle du groupe s’enrichit de collaborations. On retrouve la voix familière de l’indispensable Monica Pereira, celle de Warrior Queen venue dynamiter le morceau qui donne son titre à l’album, et on découvre d’autres voix créditées sur les morceaux tout comme celles des musiciens complices pour un album dont l’écoute devient rapidement addictive.

La logorrhée trumpienne qui nous accueille d’entrée, suivie d’une cacophonie d’époque, donne envie d’hurler Shut up ! (c’est d’ailleurs ce qui arrive). La suite de l’album, entre chansons et instrumentaux, entre reprises et compositions originales, est tout bonnement lumineuse. Porteuse de colère, mais aussi de joie et d’espoir.

Wake up the punk

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