Sonorités

Empty Eye, et la lumière fut !

Le groupe parisien Empty Eye publie son premier album « A light » en version numérique.

Empty Eye, c’est le souvenir d’une découverte intéressante, un soir de juin 2024, dans un bar nantais où la photographe Élise Diederich exposait des instantanés de concert. Le groupe, alors en trio, avait investi la scène du bar et s’était lancé dans un concert qui s’est imprégné dans mon esprit. La photographe s’était d’ailleurs jointe à eux sur scène pour interpréter deux morceaux (1)

Luminescence nocturne

Deux ans plus tard — dieu que le temps passe vite — le même groupe publie son premier album, A Light (sorti le 12 mai 2026). Le son global de l’album restitue parfaitement les sensations que m’avait données le concert : une musique aux penchants sombres sans être lugubre, un esprit « gothique » qui alterne gravité et luminosité. Voix grave, nappes de synthétiseurs, lignes de basse profondes, guitares plus ponctuelles, entre gros accords et arpèges incisifs.

A Light propose onze morceaux qui atteignent volontiers les quatre minutes. Les morceaux sont dans une tonalité dynamique, un esprit rock qui privilégie les atmosphères mélancoliques. Quelques morceaux plus calmes viennent adoucir un ensemble très cohérent.

On retrouve sur l’album le très nerveux Black Eyed Eve que le groupe avait sorti en éclaireur deux mois plus tôt. Il avait ensuite dévoilé une reprise de Lucretia My Reflection des Sisters of Mercy – plus introspective que l’originale – puis le magnifique (oui, je pèse mes mots) Another Nightsky, chanté avec Élise Diederich. La photographe montre d’évidentes qualités de chant avec une voix qui donne une texture supplémentaire au morceau. Elle signe une collaboration déjà remarquée avec Dead Korrigans, un des cinq titres du EP Fragments.

Entretien avec un vampire

Un autre morceau remarquable, The Vampire surgit en milieu d’album. Volontairement grandiloquent, sautillant, changeant fréquemment de rythme, son décalage le rend difficile à cerner. Un morceau burtonien.

A Light est disponible sur Bandcamp et d’autres plateformes. Il n’existe a priori pas d’édition physique, en CD ou en vinyle. On peut écouter les morceaux librement, mais il reste préférable d’acheter, même symboliquement, l’album en format numérique, afin de soutenir le groupe de façon directe.

L’album, pour sa cohérence d’ensemble, ses quelques morceaux remarquables et ses recherches mélodiques, ne s’adresse assurément pas qu’à un public « goth ». Il s’en dégage une ambiance particulière qui mérite l’attention de toutes les familles musicales.

(1) voir les captations vidéo de Empty Eye au bar Les Fleurs du Malt à Nantes le 6 juin 2024 : « The Vampire » et « Another nightsky » avec Élise Diederich.

Laisser un commentaire